la vie dans l’univers : considérations

Remise à plat sur l’intelligence dans l’univers

Au cours d’une de mes conférences estivales est arrivée l’immanquable question émanant d’un touriste.
« Et la vie dans l’univers ?»
Malicieusement je lui ai répondu en rigolant que cela n’avait aucun rapport avec la science, mais avec la religion. (croire en ce qu’on ne peut pas voir) 😉
Quelques sourires amusés ici et là, mais des têtes choquées mêlant défiance et incompréhension se dessinaient dans la foule
J’ai donc entrepris une liste des points qui rendait la question vaine, dont voici les titres :

  • Le premier est évidemment l’immensité de l’univers
  • Le second : l’atypicité du système solaire
  • La troisième faible  la probabilité de l’apparition de la vie
  • La quatrième très faible probabilité de l’apparition de la vie intelligente
  • la cinquième la durée de vie d’une civilisation spaciopérigrine et de la coïncidence temporelle
  • enfin la sixième : la difficulté de les perçois

– L’univers est immense, ce n’est pas peu de le dire.

– Imaginons que nous réduisions notre système solaire à la taille d’une ville. Au centre nous plaçons le soleil qui à cette échelle aurait la taille d’un ballon de deux mètres
– À 58 mètres de la, nous plaçons un petit pois. C’est Mercure la planète la plus proche de notre étoile, a 102 mètres de la taille d’une bille, nous aurions Venus, à 158 mettre, une autre bille, la Terre. Mars sera une bille deux fois moins grosse à 238m, et Jupiter une grosse orange ou un pamplemousse placé a 500m
– Imaginez la taille d’un homme à 500metre de vous : ce n’est pas grand. notre soleil dans notre « environnement relatif » n’est déjà pratiquement plus qu’un point
– Saturne à peine plus petite est quant à elle à 1500m , le soleil n’est plus qu’un point, plus de disque visible
– Uranus et Neptune (des grosses pommes) seraient à 3 et 4,5 km et pluton a 6km
Toujours dans le même révérenciel, l’étoile la plus proche serait à 40.000 km (1 dixième de la distance terre lune) et notre Voie lactée s’étendrais jusqu’à Pluton !!!
Nous nous apercevons donc que l’espace est vaste, très vaste, et les astres qui l’occupent sont microscopiques, pratiquement insignifiants au regard du vide qui les sépare

Les distances qui nous séparent donc des astres sont incommensurablement grandes, absolument infranchissables pour nous à ce jour et il s’en faut d’un facteur de plusieurs milliers de vies humaines puisque l’étoile la plus proche est à 60.000 années de voyages avec l’engin le plus rapide fabriqué par l’homme.
Même en dehors de toutes considérations logistiques (emmener oxygène, nourriture air eau pour 60.000 ans) on se rend compte que c’est absurde
Autre problèmes, plus sérieux tien à l’histoire très chaotique dans le passé de notre système solaire.
Évidemment il n’a pas toujours présenté ce visage paisible et amical que nous lui connaissons. Dans le passé un véritable billard cosmique a modifié, à plusieurs reprises, radicalement le système dans sa configuration ; il est aujourd’hui pacifié. Mais quand on regarde l’ensemble des systèmes solaires et des exo planètes aujourd’hui découverte, on s’aperçoit qu’à chaque fois les systèmes sont configurés dans des conditions apocalyptiques. Gardons-nous certes de tirer des conclusions définitives, car c’est justement ces conditions fantastiques qui les rendent facilement détectables, mais il n’en demeura pas moins que la stabilité est la rareté dans l’univers.
En outre notre position dans la galaxie (éloigné du noyau central et de sa forte densité d’étoile) nous préserve d’une certaine manière de rencontres trop rapprochées avec des voisins, perturbatrice au niveau de la stabilité des planètes et surtout nous préserves des fréquentes explosions des supernovae qui lorsqu’elles sont trop rapprochées opèreraient à une réinitialisation de la vie sur les planètes à proximité : les puissants rayonnements gamma brûleraient les organismes vivants mêmes au plus profond des océans.

Notre système est donc un endroit privilégié, stable au calme, préservé.
L’apparition de la vie
Sur terre, la vie foisonne et depuis que l’homme a conscience de lui-même il se pose la question « où est l’Autre ?»
150 ans d’examen optique et 30 ans d’examen sur place avec analyse chimique n’ont pas permis de trancher la question de la vie sur Mars.
Il est très vraisemblable qu’il n’y ait pas de vie sur Mars. Aux romantiques de la question, on peut y opposer des arguments simples.
La température moyenne est de -60 avec des pointes à +6c° et -140c°
La densité de l’air est de 0.6 % celle de la terre. Le sol reçoit 1.000 x plus de rayonnement ionisant que notre terre, et mars est formidablement secs, bien plus sèches que le plus sec des nos désert.
Le désert d’Atacama est l’un des pires déserts de notre planète de par sa sécheresse, son exposition aux UV, son altitude et ses températures extrêmes. Inhospitalière est sa meilleure définition puisque jusqu’à un mètre de profondeur il n’y a aucune forme de vie dans le sol.
Et pourtant ce désert si impitoyable est un paradis à côté de Mars. Et Mars elle-même est un paradis a coté des véritables enfers qui règnent sur les autres planètes du système solaire, elles mêmes de véritable paradis comparé aux conditions qui règnes sur la majorité des exoplanètes détectées.
Et bien que notre planète abrite la vie, il en a fallu de peu pour que ce ne fût pas le cas. Des événements orbitaux majeurs (très forte glaciation) et extérieurs (impact météoritique majeur, à plusieurs reprises) ont failli décimer la vie.

À la roulette russe de l’univers, notre planète a eu de la chance, beaucoup de chance.
On le voit la vie n’est pas un événement trivial comme allant de soi, c’est tout le contraire
La terre ultra primitive disposait de tout un éventail d’organismes unicellulaires, des milliers. Mais nous sommes TOUS issus d’une seule de ces bactéries, qui pour une raison ou une autre s’est imposée. Si une autre de ces bactéries s’était imposée, la vie n’eût peut-être jamais dépassé le stade de bactérie…

 

La conscience
Sur les milliards d’espèces vivantes ayant foulé notre terre, combien ont atteint une intelligence suffisante pour construire des radiotélescopes ? Une seule !!!

Hasard ou nécessité ? je ne sais pas, mais je sais qu’on a réellement infiniment plus de chance de gagner au loto
La vie est donc rare, et l’intelligence elle-même très rare dans le phénomène de la vie.

Ramené aux proportions de l’univers, on peut légitimement se demander si nos voisins les plus proches ne sont pas simplement trop loin ?

 

Perception
À tous ces facteurs d’espace, il convient d’ajouter le facteur temps : pourquoi est-ce qu’un phénomène ultra rarissime dans l’univers se déroulerait au « même » moment ET dans la même proximité ?
L’univers a 14milliard d’années, ça laisse de la marge à des civilisations d’éclore et de retourner à la nuit sans laisser de trace, anéantie par l’explosion de leur étoile ou auto anéantie.
Nous avons donc désormais trois problèmes.

  • Un : rareté phénoménale,
  • deux  rareté géographique
  • trois,  une rareté temporelle.

Comme cela ne suffit pas, nous allons ajouter d’autres facteurs aggravants :
Les terriens émettent des ondes radio depuis 85 ans.

Ces ondes radio perdent en puissance avec le carré de la distance. Nos propres moyens seraient insuffisants pour détecter le signal radio des terriens à deux cents années-lumière, en faisant abstraction de temps de déplacement des ondes radio
seulement voilà, ces ondes radio se déplacent, à une vitesse finie qu’on pourrait qualifier au vu de proportion de l’univers de : plus tôt lentement.
Une civilisation située hypothétiquement à 200 années-lumière de nous ne peut pas savoir que nous existons tant qu’elle n’a pas reçu notre signal. En admettant qu’elle ait des moyens extraordinairement puissants pour capter nos premières émissions de radio, elle ne recevra le signal que dans 115ans et n’accusera réception dans 315ans au mieux !
Il n’est pas dit qu’il y aura quelqu’un pour écouter la réponse. Et nous somme la dans l’hypothèse la plus optimiste qui soi : une civilisation, à proximité géographique et temporelle.
Prenons une hypothèse à peine moins optimiste d’une civilisation par galaxies.
La galaxie la plus proche, Andromède se situe a 2 millions d’années-lumière de nous. La réponse ne pourrait parvenir que dans 4 millions d’années, s’ils perçoivent notre signal, car un calcul simple démontre que notre émission radio serait diluée des centaines de milliards de fois sous le bruit de fond de l’univers, le rendant de facto indétectable

Dans ces conditions se poser la question « mais ou sont ils » relève plus de la poésie ou de la philosophie que d’une préoccupation scientifique : il n’y a pas de réponses simples, mais la réalité de tout ça nous est très certainement inaccessible

à vos commentaires 🙂

5 thoughts on “la vie dans l’univers : considérations

  1. Chris Dodge says:

    Je suis de ceux qui ne crois plus depuis bien longtemps à une vie ailleurs que sur la terre. J’ai été ufologue pendant de nombreuses années, non pas au point de parcourir le monde à la recherche d’OVNIS, mais je lisais tout ce qui en parlait, tous les témoignages, reportages, vidéos etc… et bien évidement je suis un grand fan de science fiction : séries – films comme Star Trek, X. Files (vu 5 fois !), la 4è dimension, Babylon 5, l’incontournable Star Wars (visionné près de 60 fois) et j’en passe. Sans parler de ma collection de figurines de cinéma fantastique^^

    Puis un jour j’ai rencontré mon opposé, un créationniste invétéré, croyant sans religion et paradoxalement fan de science fiction…
    On a passé des heures à discuter et j’ai découvert que les détracteurs ont une armée des preuves qu’il n’y a aucune vie ailleurs, des preuves difficiles à contrer.

    Cela m’a donné envie d’en savoir plus, de savoir pourquoi des gens ne croit pas à ce qui me semblait totalement évident à l’époque. Finalement, à 40 ans j’en suis arrivé à une conclusion quasi définitive : il n’y a aucune vie extra terrestre.

    Et en parcourant le net je tombe sur cette page. C’est une fois de plus un point de vue que je n’avais pas envisagé, et pourtant si simple et cohérent !
    Cela ne fait qu’étoffer ce qui pour moi est évident : ET n’existe pas ! Et ça me rend bien triste 🙁

    Merci pour cet exposé !

    @ cassiopee71, je ne crois pas que la qu’une fois une planète créé il ne reste plus que la vie à poser dessus. La vie est une chose extrêmement complexe. Rien qu’une cellule vivante est aussi complexe qu’une galaxie entière, voir plus !
    Il y a autant de chance qu’un enchainement d’évènements naturels banales puissent créer une cellule vivante que de rencontrer un extra terrestre fumant du cannabis en smoking sur les Champs Elysees, c’est à dire vraiment très très peu 😉
    Mathématiquement ça se démontre, même si ce sont des calculs de probabilité quelque fois discutables !

    1. Frédéric says:

      bonjour, merci pour ce retour
      attention je ne nie pas que la vie (au moins microbienne ) existe ou a existé ailleurs dans l’univers, je dit juste que c’est rare, tres rare , spatialement et temporellement, et j’ai en revanche les plus haut doutes quand a
      à une proximité temporelle et spatiale d’une autre vie intélligeante dans notre secteur, je préfère ne pas émettre de jugement définitif, j’aurai l’air malin s’ILS débarquaient demain matin 😀

  2. cassiopee71 says:

    hello fred,
    Je ne relèverais pas la question de religion qui évidemment était humour (enfin j’espère). On sent bien ton côté pragmatique, mais malgré toutes tes « démonstrations » comment peux-tu dire que la vie est rare puisqu’au final toutes tes explications tendent simplement à montrer que comme elles sont loin elles sont inatteignables. Cela n’en fait pas pour autant une chose rare. Je pense que la vie est bien plus présente qu’on le pense…une fois les planètes créés il ne reste plus que la vie à poser dessus..et ce qui fait notre diversité d’espèces aujourd’hui c’est justement que la vie a bien failli disparaitre un jour..tous ces cataclysmes qui ont jalonné notre histoire, ont été suivi d’un accroissement de la quantité d’espèces apparues sur notre terre et quand on voit aussi comment la vie sait bien s’adapter même dans des conditions extrêmes..il faut être optimiste et j’aime (et en suite certaine) à penser que la vie est une chose fréquente

  3. DE OLIVEIRA says:

    vous êtes vraiment très fort! Vous, tout seul, avez trouvé que la question de la vie dans l’univers :
    1) relevait de la religion
    2) était vaine.
    pour le 1) trouvez-vous également que la question de l’intelligence des fourmis où des poulpes relève de la science où de la religion ??
    Pour le 2) donc vous savez déjà que la vie ailleurs n’existe pas !! Vous devriez contacter tous les scientifiques qui travaillent dans le domaine de l’exobiologie pour leur dire de changer de travail !!
    vous méritez le prix Nobel je pense!

    par-contre, sans vouloir être désobligeant, en ce qui concerne l’orthographe pas de prix Nobel en vue pour vous!

    1. Frédéric says:

      Bonjour Monsieur.
      1 : comme vous l’avez sans doute pas remarqué il s’agissait d’humour, quand à votre sortie sur les fourmis, je ne vois pas le rapport, pour moi il s’agit d’une question scientifique non tranché et toujours en débat
      2 : vaine, si vous vous donnez la peine de reprendre un par un les arguments que j’ai exposé et notamment sur la problématique de proximité spatiale et temporelle, avec un minimum de bonne fois vous pourriez convenir que les obstacles à un serrage tentacule sont nombreux. Je n’ai jamais dit que la vie ailleurs n’existaient pas…. La chimie étant la même partout il n’y a aucune raison d’en douter, mais je vous renvoies à l’argument de rareté spatiale et de proximité temporelle et géographique.
      ne soyez pas si expéditif : un minium de bonne fois ne dévaloriserait pas votre point de vue, et surtout si vous le faites, démontrez que les arguments ne tiennent pas…
      Quand à votre dernière remarque j’avoue que vous avez complètement raison.

Laisser un commentaire